Un hôpital urbain en 1582

G. Sickinger 1582, encre de chine et détrempe sur papier, Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg (MAHF), © Photo B. Rochat, 2006, in Nadot, M. (2020) La discipline infirmière. Londres : ISTE éd. P. 102. Sur la gravure, on distingue de gauche à droite : « des menuisiers qui font des cercueils (la mort n’est pas escamotée), des gouvernantes avec leurs servantes qui aèrent la literie et des pensionnaires qui maintiennent un lien social en se retrouvant à la pinte de l’hôpital » (Ibid.).

Les soignantes laïques ont quelques connaissances qui leur permettent d’aérer la literie au soleil pour éliminer la vermine et de faire sécher la lessive. (prendre soin du domaine).

Les gouvernantes, servantes, domestiques hospitalières prêtent serment de bien s’acquitter de leurs fonctions en échange d’un salaire en nature et en espèces. Elles mobilisent des savoirs tacites dans l’action, des savoirs en économie domestique, des savoirs nécessaires pour bien tenir un ménage, s’occuper d’une famille, mobiliser des savoirs liés aux caractéristiques du genre, la femme, la mère, la gouvernante et sa servante ou la maitresse de maison. Il y a de toute façon un ménage à organiser ! (Nadot, 2020, p. 17).

« Le choix des personnes pour gouverner et soigner les malades n’est guère d’une moindre importance que celui des médecins et chirurgiens. Car d’elles dépend la propreté des lits et de l’appartement pour en éloigner toute infection. De leur attention dépend très souvent la promptitude des guérisons ; une propreté réelle, une complexion robuste, une promptitude
à donner du secours, la compassion avec le courage, sont les qualités dont devroient être douées les personnes d’un semblable emploi, aussi bien que d’un esprit attentif et judicieux à pouvoir rendre compte aux médecins de l’état des malades » (…) « On tachera toujours de prendre pour le service des malades tout ce qui se présentera de mieux à ces égards et comme la Chambre de direction invigilera sur tout, elle devra particulièrement être attentive sur la façon de gouverner les malades, elle ordonnera aussi les moïens qu’elle jugera les plus propres et les plus convenables ». Source : Règlement nouveau de l’hôpital 1759, version originale 85 pages, AEF, Fonds de l’hôpital Notre-Dame, doc. Non répertorié, 342x218mm, 750g, seul le recto est noméroté, (Nadot, 2012, p. 250 et 2020, p. 90).

Ce n’est pas non plus parce que les femmes soignantes de la classe des servantes et gouvernantes vivaient parfois dans les conditions pénibles de la domesticité hospitalière et ceci, sans avoir le droit de bénéficier d’une instruction nécessaire leur permettant par exemple, d’écrire sur ce qu’elles faisaient, qu’il faille ignorer, déclasser ou rejeter la singularité, la
complexité et la pénibilité de leurs fonctions ainsi que les connaissances permettant de réaliser ces dernières. Les gens en savent toujours plus qu’ils ne peuvent le dire ! (Nadot, 2020, p. 44- 45).

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