Aider à se reposer : Un châlit hospitalier en 1738

Un des « deux meschants châlits » que possède l’hôpital de Bulle (Suisse) en 1738 pour le « poîle des pauvres » (Nadot, 2012, p. 31).
« Pauvre » au XVIIIe siècle, est une personne qui n’a que son travail pour vivre, (Teysseire, 1993, Ibid.).
Musée gruérien de Bulle (Suisse), © Photo PBA, 2005, 3 étages, 1,20 de large, 3m de long. annexe 5 du rapport scientifique Nadot, FNS 13DPD3-109431, HEdS-FR du 13.07.2007.
Les objets avec les actes les plus simples de la vie quotidienne constituent les fondements de la discipline infirmière. Aider à se reposer nécessite au minimum des savoirs liés à une pratique hôtelière, une pratique de déplacement, une pratique d’hygiène collective, une pratique d’assistance (Nadot, 2020, p. 238-242)..
Les premières soignantes portent des dénominations locales francophones comme « gardienne de l’hôpital », « gouvernante des malades », « grande ou petite servante de la gouvernante », « servante des malades », « servante des pauvres », « gardienne ou gardien de l’hôpital », « garde-malade », musshafera¹ , kindermutter² ou mère des enfants, etc. Elles exercent déjà et souvent en binôme une activité humaine aussi bien que domestique. Cette activité est vitale pour le fonctionnement institutionnel et pour la protection et la survie de l’espèce (Ibid. p. 41- 42).
L’hôpital est un espace occupé par une collectivité de vie qui ressemble à une exploitation agricole, d’un type particulier et produit des biens de consommation courante³. Il possède un vaste patrimoine foncier hétérogène. Il a ses terres, ses forêts, ses vignes, ses moulins, ses troupeaux et toute une logistique ainsi que des artisans utiles au fonctionnement de l’ensemble. Par exemple, l’hôpital laïc de Lausanne va employer par année jusqu’à quatre- vingt-huit faucheurs (Moser, 2005 in Nadot, 2020, p. 43).
Chez les « pauvres dévouements » (soignants laïcs)
« On fera les lits et après que ceux d’une chambre auront été faits, on la ballayëra pendant que ceux de l’autre se feront ;
ensuite de quoi on ballayera celle où les lits auront été faits les derniers. » (Ibid. p. 51).
Chez les sœurs hospitalières (Servantes du Seigneur)
« Tout ce qui est destiné ou présenté aux malades, et ce qui est pour leur soulagement, sera disposé et pratiqué avec toute l’attention et propreté : la vaisselle, les lits, les linges, les habits, les bassins et crachoirs, en un mot tout sera dans la décence et propreté requis à un service rendu à des malades et qui ont l’honneur d’être les membres de Jésus-Christ. » (Ibid., p. 59).