Il y avait des manuels de soins sous Louis XVI

M. Carrere, médecin du Roi Louis XVI (Conseiller médecin ordinaire), observateur avisé du travail des femmes soignantes durant l’époque profane des savoirs, recommande en 1786 qu’elles puissent accéder à une formation.
On remarque dans l’extrait ci-dessus (p. 11) que la notion de besoins (en référence aux 14 besoins fondamentaux) de la théorie de soins de l’Américaine Virginia Henderson en 1960 est déjà mentionnée dans l’ouvrage de Carrere.
« Témoin des inconvéniens fréquens (sic.) de l’impéritie des garde-malades, des suites fâcheuses qui en résultent, de l’issue funeste des maladies qui en est quelquefois la suite, j’ai désiré depuis longtemps qu’on formât des établissemens où elles puissent puiser une instruction utile, et qu’on établît une police relative à leurs fonctions » (sic.) (Carrere, 1786, In Nadot, 2020, p. 97.
Il faudra attendre Valérie de Gasparin Boissier en 1859 pour que cela soit possible ! (Nadot, 2020, pp. 97 et 143). Un établissement d’instruction se profile. Les prémisses de la création de l’école apparaissent en France le 30 août 1859 sous la plume d’Agénor de Gasparin « Nos lecteurs connaissent depuis longtemps, d’un côté le vif intérêt que nous prenons à la formation des gardes-malades chrétiennes et bien préparées pour leur œuvre spéciale, et de l’autre, les sérieuses objections que nous avons aux établissements de diaconnesses, tels qu’ils existent en France, en Suisse, en Allemagne et ailleurs. C’est donc avec une vive joie et en bénissant Dieu que nous avons appris la création, à Lausanne, d’une école normale de gardes-malades, qui présentera tous les avantages désirables, sans aucun des inconvénients qui ont été signalés » (Francillon, D., 1994, Valérie de Gasparin, une conservatrice révolutionnaire, Le Mont-sur-Lausanne : coédition Ecole La Source et Ouverture, p. 115).