Une image emblématique du « prendre soin »

Les fribourgeoises se mouillent, Pro-Fribourg, 136, 2002-III (verso de la page de couverture)
Sous les arcades des Augustins à Fribourg (Suisse), la servante Nichola (Silvia Burch) au chevet de sa maîtresse, la Contessona Sibillon (Lisa Kuhl) : Théâtre de rue (reconstitution) à partir des Archives de l’Etatde Fribourg.
« Les personnes chargées de soigner les malades, sont souvent les témoins nécessaires des petites tracasseries intérieures, des divisions des familles, de circonstances relatives aux affaires : elles doivent s’accoutumer à garder le silence les plus profond sur tout ce qui se passe sous leurs yeux. La discrétion leur est surtout nécessaire dans les maladies ou accidents particuliers qui peuvent intéresser l’honneur des familles ou des individus » (Carrere, 1786, in Nadot, 2020, p. 97).
« La tenue des malades et des chambres est l’objet de soins attentifs. Les draps des pauvres sont changés toutes les trois semaines ou un mois, leurs chemises renouvelées tous les huit jours. Tous ont droit à leur peigne personnel pour se tenir exempts de vermine. À l’égard des malades, on n’épargnera ni draps ni linges nécessaires » (…). Au réfectoire, « chacun doit s’asseoir à la place qui lui est assignée, les vieux séparés des jeunes. Toute la vaisselle est en étain. Chaque hôte dispose de son assiette, de son gobelet, de sa picholette, de ses couverts. Les plats de service contiennent des portions pour quatre personnes. Les tables sont couvertes de nappes assez grandes pour tenir lieu de serviettes. Le même pain bis est servi à tous, une demi-livre par jour sans compter le pain de la soupe. Deux fois par semaine, on mange maigre. Tous boivent le même vin rouge, dont la quantité varie selon que le vin sera abondant ou rare » (Règlement de l’hôpital de Genève en 1712, Cahier-Buccelli, G. 1985, in Nadot, 2020, p. 92).