Valérie de Gasparin-Boissier, « S’émanciper de la tutelle religieuse »

Portrait de Valérie de Gasparin, lavis sur parchemin, anonyme, vers 1830. Reproduction photographique © Thierry Zufferey. Archives Fondation La Source

Grâce à Valérie de Gasparin-Boissier, les femmes auront la possibilité de s’émanciper de la tutelle des sœurs infirmières ou hospitalières dans le domaine des soins. Alors qu’elle cherche à promouvoir la formation professionnelle des soins pour les femmes laïques, Valérie de Gasparin-Boissier ne comprend pas pourquoi au milieu du XIXème siècle, on a soudain besoin de créer des soeurs diaconesses au sein du protestantisme (1836).

On ne signale pas assez, le rôle joué par l’enseignement professionnel dans l’évolution d’une profession. Avec l’œuvre de Madame de Gasparin et ses prises de position dans l’espace public, on distingue nettement l’apport original de cette « femme remarquable dont les idées devancent le siècle sous bien des rapports » (Seymer, 1933, in Nadot, 2012, Le Mythe infirmier ou le pavé dans la mare ! Paris : L’Harmatan, p. 172).

Que viennent faire des sœurs infirmières dans les institutions laïques des cantons protestants ? Une problématique incompréhensible pour Valérie de Gasparin-Boissier, rivale au point de vue des valeurs avec sa concurrente anglaise Florence Nightingale.

« Il y a déjà de pauvres vulgaires dévouements, que l’on ne célèbre point, (…). Il me semble que l’on pouvait s’en tenir à ceux-là, que l’on avait sous la main et auxquels forcément on revient » (Gasparin (de), V. 1854 in Nadot, 2020, La discipline infirmière, les trois temps du savoir. Londres, ISTE éd., p.130.). (…) « Il me suffit de constater que les sœurs sont bien réellement chargées dorénavant de faire ce que d’autres faisaient avant elles et aussi bien qu’elles » (Gasparin (de), A. 1860, in Nadot, 2020, p. 127). (…) « Dieu n’a pas réservé l’exercice de la charité pratique à une classe de croyants, pour en soulager l’autre »(Gasparin (de), V. 1855 in Nadot, 2020, p. 129).

Au milieu du XIXe siècle, le seul moyen pour les femmes d’accéder aux soins était, soit de devenir domestiques (gouvernante ou servante) en milieu hospitalier (savoirs profanes des soins), soit d’entrer dans un noviciat religieux et devenir infirmière ou servante du Seigneur (savoirs sacrés des soins). La Haute école « La Source » à Lausanne (HES-SO) participe alors à la déconstruction des représentations sociales liées à cette profession et sert de modèle à la société civile pour assurer les soins dans la cité en se démarquant des noviciats religieux protestants et catholiques. Un nouvel espace-temps de parole voit le jour. C’est une école, pas un hôpital, pas plus qu’une Maison-mère. Il est ouvert aux femmes qui ne désirent pas rester domestiques ou devenir sœurs.

« La Source » à Lausanne, première école laïque au monde de soins infirmiers.  Par Michel Nadot, infirmier Ph.D.

Archives Fondation La Source

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